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Rapport Rsf 2015: en Italie moins liberté de presse

Dans le classement annuel de Reporters sans frontières notre pays recule de 24 positions, en raison des menaces contre les journalistes et les procès pour diffamation

L’Italie glisse de la 49ème à la 73ème place sur les 180 pays analysés dans le classement de la liberté de presse établi chaque année par Reporters sans frontières. RSF – l’organisation non-gouvernementale qui surveille l’état de la liberté de presse dans le monde entier – déclasse notre pays de 24 positions par rapport à l’année précédente. Cela grâce aux données mises à point par Ossigeno per l’Informazione en 2014. Les nombreux actes d’intimidation contre les journalistes, en particulier les attaques du crime organisé et la prolifération des procès et des poursuites pour diffamation (plusieurs desquelles entreprises par des hommes politiques), sont parmi les facteurs qui ont motivé ce déclassement.

MONDE – Le classement est basé sur sept indicateurs: le niveau de la violence, le pluralisme, l’indépendance des médias, l’autocensure, le cadre juridique, la transparence et l’infrastructure.

La détérioration de la liberté d’information est un phénomène mondial: en fait les deux tiers des 180 pays considérés l’an dernier ont été déclassés. Les raisons sont multiples: l’action de groupes islamistes radicaux, les guerres, les actes de violence commis pendant les événements, la crise économique.

Au fond de la liste (en noir sur la carte de RSF) se trouvent la Chine, la Syrie, le Turkménistan, la Corée du Nord et l’Érythrée. À la première place, parmi les pays où la liberté de presse est plus complète, il y a – pour la cinquième année consécutive – la Finlande, suivie par la Norvège et le Danemark, dans d’excellentes positions, entre autres, l’Allemagne et le Canada. Les choses vont moins bien (couleur jaune) pour les États-Unis et l’Australie et dans plusieurs pays européens (dont le Royaume-Uni, la France et l’Espagne) et encore pire en Amérique du Sud et dans les Balkans (couleur orange, dont l’Italie fait partie). Ensuite il y a les pays en rouge: une grande partie de l’Asie, l’Afrique et l’Amérique centrale.

EUROPE – « L’ingérence des gouvernements dans les médias est une réalité dans de nombreux pays de l’Union européenne », dit le rapport en raison de la concentration de la propriété des médias dans les mains de quelques-uns et l’absence de transparence des propriétés éditoriales, de plus le fait que « l’UE n’a pas de règles sur la répartition des aides d’État à la presse ». En Europe, le pays qui est dans la position la plus faible est la Bulgarie (106éme position).

ITALIE – Notre pays partage son emplacement avec le Nicaragua. Le rapport de RSF cite Ossigeno en rappelant que douze journalistes italiens vivent sous escorte policière: c’est l’un des facteurs qui a décrété la relégation dans le classement international de notre pays. Mais « la bataille pour la liberté d’information en Italie est également joué dans les tribunaux », écrit l’ONG, rappelant les nombreuses plaintes spécieuses – plusieurs desquelles sont faites par des hommes politiques – et les cas de diffamation. Puis il y a les agressions physiques et les endommagements aux voitures et des maisons.

COMMENTAIRES – L’an dernier, l’Italie se trouvait en 49ème position (57ème en 2013). Alberto Spampinato, directeur d’Ossigeno per l’Informazione, a déclaré lors de la sortie du classement mondial 2015 que « Reporters sans frontières avait été induit en erreur l’an passé. Nous sommes heureux de constater que, dans cette édition 2015 du Classement mondial, RSF ait corrigé le classement de l’Italie et ait utilisé une partie des données et du travail d’Ossigeno per l’Informazione. Le fait que notre pays ait chuté lourdement ne fait plaisir à personne. Mais ce n’est pas ce qui compte. Ce qui compte c’est que ce classement soit juste : si l’on veut comprendre le mal qui nous ronge, il faut commencer par bien le mesurer. Si l’on est fiévreux et que le thermomètre est déréglé, on peut se sentir mieux quelque temps, mais il est impossible de guérir. La liberté de l’information va mal dans notre pays, et pas seulement parce qu’il y a des conflits d’intérêt, une concentration économique forte et un contrôle politique de la télévision. Les menaces et les procédures abusives en diffamation dans le but d’intimider les journalistes sont monnaie courante. Il ne faut pas non plus fermer les yeux sur les agressions. Les journaux n’en parlent peu ou pas, la politique ne s’en soucie pas. Pourtant, les citoyens sont privés d’une information indispensable en démocratie. Notre observatoire rapporte plus d’une violation grave de la liberté de la presse par jour. Combien de temps encore refusera-t-on de voir la réalité en face ? Et si les autres pays européens regardent parfois l’Italie comme un problème, quand commenceront-ils eux aussi à faire une analyse de la liberté de la presse comme celle que nous menons à Ossigeno per l’Informazione ? Car seul un remède global peut venir à bout de cette maladie contagieuse », a conclut Alberto Spampinato.

L’incapacité de répondre de manière efficace à ces problèmes et l’augmentation exponentielle du nombre de demandes téméraires en dommages-intérêts avec but évident d’intimidation sont des questions que « le projet de loi avec lequel le parlement italien souhaite supprimer la prison pour les journalistes n’aborde pas le problème, le risque est plutôt celui d’aggraver la situation des journalistes ». Voilà l’avis le secrétaire de la Fédération nationale de la presse Raffaele Lorusso (le syndicat des journalistes italiens, ndr). « Le rapport de RSF – a t-il ajouté – devrait donner à réfléchir au Parlement italien et le pousser à mettre de côté tout désir de vengeance contre les journalistes, tout en travaillant pour l’approbation des règles qui protègent la liberté de presse, l’autonomie et le pluralisme des informations.

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MF

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