O2 en français

Milan. Décision exemplaire: juge condamne requérant à payer 18 mille euros

Le tribunal civil a ordonné à la société Sgs de payer le montant à Paolo Carta, journaliste de L’Unione Sarda qui en 2012 avait écrit un article sur Salto di Quirra (Sardaigne) La société Sgs – géant qui s’occupe de l’environnement et du chimique – avait demandé 500 mille euros de dommages-intérêt au journaliste Paolo Carta. La multinationale avait porté plainte injustement contre le chroniqueur du quotidien L’Unione Sarda et son directeur, Paolo Figus.

« Je n’ai jamais vu une sentence telle que celle-ci, même pas dans la jurisprudence », ce sont les paroles de l’avocatdu journal, Giovanni Contu. « Ce jugement – continu l’avocat – devrait donner le courage aux journalistes et doit faire comprendre à la magistrature que trop souvent porter plainte c’est l’un des moyen de museler la presse».

Tout a commencé le 21 avril 2012, avec la publication sur L’Unione Sarda d’un article, signé par Paolo Carta, qui rend compte de l’enquête ouverte par le parquet de Lanusei sur les effets de la pollution de l’environnement dans le voisinage du polygone de tir militaire de Salto di Quirra en Sardaigne. En particulier, l’article révèle l’intrication entre la société qui fabrique des missiles soupçonnés de répandre du thorium radioactif, contrôlée par la société Oto Melara, et la société en charge des contrôles environnementaux, la Sgs.

Les deux sociétés appartiennent au groupe Fiat. Le président de la Sgs est Sergio Marchionne. Le procureur l’a signalé et Carta l’a écrit, que ce conflit d’intérêt a permis que les expertises se soient déroulés d’une manière approximative et qu’à partir de ces résultats, il ne résulte pas de pollution provoquée par les engins qui ont été expertisé. À ce moment là, immédiatement la Sgs entreprend une poursuite pénale et civile contre L’Unione Sarda. Le 8 avril 2013, le procureur du Parquet de Cagliari, Paolo De Angelis, a demandé et obtient par le juge des enquêtes préliminaires le dépôt de la poursuite pénale.

Le magistrat conclut qu’il existe une différence entre la vérité des faits, et par ailleurs, le droit sacré du journaliste à communiquer les données de l’enquête en cours: « Le journaliste les avait exposées, sur la base des sources et des conclusions du magistrat, apportant ainsi une utilisation correcte des informations acquises et les avait ainsi expliquées correctement, au lecteur ». Et il déclare: «La poursuite est inconsistante car la diffamation dans ce cas, n’existe pas, parce que l’information était correcte, adéquate, pertinente et bien fondée ainsi qu’il apparaît comme évident qu’à cette occasion et à la décharge de l’exercice de la liberté de la presse et, plus généralement, de l’information, comme consécutif à ce qui donne de l’importance constitutionnelle à la liberté d’expression de la pensée ».

L’histoire ne se arrête pas là. La Sgs insiste avec le procès dans les procédures civiles, mais le juge lui donne tort. Le 28 février 2015, le juge du tribunal de Milan, Anna Cattaneo, condamne la multinationale à payer 9 mille euros frais légaux et 18 mille euros en frais juridiques accordés au journaliste Paolo Carta et à l’éditeur du journal Paolo Figus. Le magistrat souligne, aussi, avec des détails minutieux, que le journaliste a publié des documents judiciaires dans le cours de l’enquête, cela est son propre droit, même si la vérité morale peut être différente.

«La vérité des nouvelles emprunté à un tribunal – se lit dans le jugement – il subsiste une incertitude, lorsque le fait est vrai en soi, et quand la nouvelle rapporté par le journaliste est fidèle à la décision du magistrat ou aux actes de la procédure, et il suffit que l’article corresponde au contenu des actes et des mesures de l’autorité judiciaire, car on ne peut pas demander au journaliste de prouver la validité des décisions prises à l’audience». Ce serait différent, cependant, si le journaliste aurait fait «des reconstructions ou des hypothèses qui ont tendance à supporter ou à remplacer les organismes d’enquête».

Le juge, cependant, rappelle l’énorme importance sociale de cette affaire et le danger d’une pollution radioactive. Et, en soulignant la nette inconsistance des arguments à sa faveur, la conclusion est que la Sgs « a voulu entreprendre ce jugement en pleine conscience de son tort, ou du moins, en omettant la diligence requise dans la prise de la conscience de leur tort ». C’est sur cet élément que l’avocat Giovanni Contu insiste: « Pourquoi insister dans un procès, quand il y a déjà eu un non lieu et quand vous avez que peu d’éléments pour gagner? La vérité est qu’ils ne veulent pas que le journal puisse s’occuper de la pollution à Salto di Quirra, et qu’il n’écrive plus. C’est le but: effrayer et intimider». Enfin Paolo Carta conclut : « Le seul commentaire que je puisse faire, c’est que j’ai été poursuivi pour avoir publié des hypothèses de délits  formulées par la magistrature ». PC COT Leggi in italiano

Licenza Creative Commons I contenuti di questo sito, tranne ove espressamente indicato, sono distribuiti con Licenza Creative Commons Attribuzione 3.0

Lascia un commento

Il tuo indirizzo email non sarà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *

CHIUDI
CLOSE