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Ancien directeur de “E-Polis” susceptible de se retrouver en prison comme Sallusti

Dans le passé Antonio Cipriani a dirigé 15 journaux à distribution gratuite, il a fait face à 34 procès pour diffamation, désormais il a été condamné par la Cour d’Oristano. Mobilisation croissante

Il n’avait pas vérifié les nouvelles. Voilà l’accusation que le journaliste et ancien directeur de E-Polis – 15 journaux à distribution gratuite – Antonio Cipriani a dû contester dans plusieurs tribunaux italiens. On vient de lui notifier un mandat d’incarcération. Il s’agit du même délit et de la même condamnation qu’avait subis le directeur du quotidien Il Giornale Alessandro Sallusti. En 2012, celui-ci avait obtenu la grâce de l’ancien président de la République italienne, Giorgio Napolitano. Auparavant, Cipriani avait été condamné en première instance et il n’avait pas pu se pourvoir en appel, car ses économies s’étaient épuisées.

Le syndicat, l’Ordre des journalistes et de différentes associations défendant la liberté de la presse sont intervenus dans cette affaire. Une mobilisation pour sensibiliser les institutions est en train de se développer. Cipriani a raconté son histoire dans un récit long et détaillé : « Mon cas absurde de journaliste destiné à la prison ».

Les sénateurs du parti M5S Luis Alberto Orellana et Lorenzo Battista ont pris en charge la question : « Ce qui est arrivé au journaliste Antonio Cipriani est incroyable. La condamnation à cinq mois de prison par la cour d’Oristano ne peut pas rester lettre morte. À l’époque, quand Cipriani était directeur, il avait omis le contrôle d’un article écrit par un collègue. L’article avait été ensuite jugé diffamatoire ».

L’affaire Cipriani a aussi été suivie par Sandra Zampa, porte-parole et députée de l’ancien premier ministre italien Romano Prodi : « L’histoire d’Antonio Cipriani est entre le tragique et le grotesque ; pour cette raison, je tiens à lui exprimer ma solidarité et mon amitié. Il s’agit d’un professionnel de l’information de tout respect qui se retrouve avec une peine de prison et trente plaintes en diffamation. De plus, Cipriani a dû se débrouiller tout seul parce que l’éditeur avait disparu. Déjà les rédacteurs et les directeurs du quotidien L’Unità (journal fondé par l’ancien dirigeant du Parti communiste italien, Antonio Gramsci, NDLR) avaient dû affronter des condamnations et avaient été contraints de payer de lourdes indemnisations à la suite de plaintes en diffamation. On ne pensait pas apprendre une nouvelle fois la même histoire. Une histoire comme celle-là ne peut se produire dans aucun pays civilisé et il est inquiétant de constater que cela s’est produit en Italie ».

« Il est absurde qu’il y ait encore la peine de prison pour les journalistes quand au Parlement, notamment au Comité judiciaire de la Chambre, un projet de loi (actuellement en troisième lecture) qui retire l’incarcération est en discussion », dit Vincenzo Vita, journaliste et homme politique du Parti démocrate. Il avait été député et secrétaire pour les communications, responsable de la radiodiffusion et du multimédia dans le gouvernement Prodi, D’Alema et Amato. « Dans le cas de E-Polis il n’aurait pas été possible de contrôler toute les éditions. Cette loi pouvait être au temps où les pages des journaux ne dépassaient pas les 40 pages. E-Polis avait 15 éditions du journal, une quantité énorme de copies, un grand nombre de journalistes et de collaborateurs. Comment pouvons-nous penser que le directeur puisse tout contrôler? »

PC-COT

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