O2 en français

Diffamation. « Voce delle Voci » Juge prend temps. Ossigeno : exige clarté

Le juge des enquêtes préliminaires décidera dans les prochains jours si l’enquête sur le magistrat de Sulmona accusé d’abus de pouvoir continue. Ossigeno : Cette histoire est devenue emblématique

Après la réunion à huis clos du 7 juillet 2015, le juge pour les enquêtes préliminaires de la Cour de Campobasso, Maria Rosaria Rinaldi, a renvoyé la décision sur le résultat des enquêtes pénales contre le juge Massimo Marasca. Celui-ci est le magistrat de Sulmona sous enquête pour abus de pouvoir et manquement au devoir contre les journalistes Andrea Cinquegrani et Rita Pennarola du mensuel Voce delle Voci. Le 25 mars 2013, Marasca avait prononcée condamnation contre eux.

À l’époque, les journalistes et coopérative d’éditions, assistés par l’avocat Serena Improta, ont été reconnus coupables de diffamation et condamnés à payer une indemnité de plus de 90 mille euros à Mme Anita Zinni, l’enseignante qui les avait poursuivis.

La condamnation a eu des conséquences catastrophiques pour le journal. Pour recueillir de l’argent les avocats de Mme Zinni ont saisi les comptes personnels des journalistes ainsi que les contributions de la presse que le journal devait encore recevoir. Même le journal a été saisi. Toutes ces saisies l’ont forcé à suspendre sa publication. La Voce delle Voci était un journal très enraciné en Campanie. Il était en vente depuis trente ans et s’était distingué pour ses courageuses enquêtes sur les infiltrations de la Camorra dans les bureaux publics, sur les faits de corruption et d’implication des loges maçonniques dans des affaires louches.

Les enquêtes contre le juge Marasca ont commencé seulement après que le journal a dénoncé l’inaction du tribunal compétent au Procureur général de la Cour suprême, au ministère de la Justice, au CSM (Conseil Supérieur de la Magistrature, NDLR), au procureur de Campobasso.

« Nous attendons avec intérêt la décision du juge. Ossigeno – a déclaré Alberto Spampinato, directeur de Ossigeno per l’Information – suit de près les procédures judiciaires du journal Voce delle Voci et a rapporté les développements de l’affaire aux institutions internationales, car cette histoire est emblématique de la façon dont les choses vont en Italie. Le déroulement de ce procès démontre ce que nous disons depuis longtemps et que les législateurs ne veulent pas comprendre. C’est-à-dire que les règlements en vigueur en Italie concernant la diffamation et la censure permettent des peines allant bien au-delà de la peine de la prison. Celles-ci n’ont rien à voir avec la défense de la réputation personnelle. En outre, cette affaire nous dit que ces règles permettent de faire disparaître un journal des kiosques et de réduire en pauvreté ceux qui sont reconnus coupables. Ce genre de punitions drastiques sont typiques des pays autoritaires, des systèmes dans lesquels les juges ne sont pas appelés à rééquilibrer la balance de la justice, mais ils doivent émettre des peines exemplaires pour avertir ceux qui pourraient se comporter d’une certaine manière. Ces juges doivent donc prononcer des peines ni justes ni équitables. Notre intérêt pour le cas du journal Voce delle Voci a augmenté, retenant que le juge qui a prononcé le jugement à l’époque a eu une conduite incorrecte. Je pense alors que le juge des enquêtes préliminaires de Campobasso, que je n’ai pas eu le plaisir de connaître, a eu raison de réserver plus de temps pour prendre une décision. Il lui faut le temps nécessaire pour y réfléchir. C’est une décision qui devrait être exemplaire mais dans le sens de prouver que le système judiciaire est en mesure de vérifier l’exactitude de ses propres membres, de juger leur comportement se prenant au sérieux et de les juger avec le même sérieux que les autres citoyens. Cher juge, prenez calmement le temps qu’il vous faut afin de trancher équitablement ».

ASP COT

Lire précédent

Leggi in Italiano

Read in English

Licenza Creative Commons I contenuti di questo sito, tranne ove espressamente indicato, sono distribuiti con Licenza Creative Commons Attribuzione 3.0

Lascia un commento

Il tuo indirizzo email non sarà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *