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Rome. Equipe Rai entourée et attaquée lors d’un tournage

Ils étaient en train de tourner des images d’un groupe de maisons jugées abusives et habitées par des membres du clan Casamonica. Ce dernier est au centre d’une tempête médiatique après les funérailles style mafieux

Un journaliste et un caméraman de l’émission Agorà diffusée par la chaîne RAI Tre ont été attaqués dimanche 23 août 2015 dans le quartier Appio (Quadraro), à Rome. Le journaliste Alfonso Giuliano et son opérateur étaient dans la rue, en face d’un pâté de maisons. Ils voulaient tourner des images de l’extérieur de certains bâtiments illégaux habités par des membres du clan Casamonica. Le chef du clan Vittorio Casamonica était mort de maladie et ses obsèques de genre mafieux ont soulevé des polémiques sans fin et une enquête administrative et judiciaire.

Les deux ont été entourés et attaqués par deux hommes de trente ans. Le journaliste a été menacé de mort, bousculé et éloigné. Le cameraman a été pris, puis griffé, son portable saisi (à l’intérieur il y avait les images tournés). Les deux attaquants ont extrait la carte mémoire et l’ont confisquée. Le journaliste et le caméraman ont réussi à appeler la police. Peu après deux patrouilles sont arrivées. Les deux hommes ont été arrêtés. Des dizaines de personnes ont assisté à la scène.

Alfonso Iuliano a ainsi rapporté l’attaque : « Ils m’ont sérieusement menacé de mort à plusieurs reprises et ils m’ont dit : ‘Si tu nous donnes pas la caméra, je vais te frapper à mort’ ou ‘Je vais te tuer’ ou ‘tu es mort’. La menace ‘je vais te frapper à mort’, a été prononcée par une personne qui a été ensuite arrêtée par les agents ». Quelqu’un a enlevé les clés de la voiture.

« Dimanche 23 août 2015, dans le quartier Romanina, après avoir tourné des images en face de la maison où Vittorio Casamonica a vécu – a ajouté Alfonso Iuliano –, je me suis déplacé dans via del Quadraro, où on m’avait signalé des constructions illégales de certains membres de la famille. Il s’agit d’une petite zone, de 6-7 maisons autour d’une place. Je suis donc allé avec mon opérateur en voiture pour vérifier. Certaines personnes nous ont dit de repartir parce qu’elles n’avaient rien à dire sur le clan Casamonica. Ensuite, certains résidents nous ont confirmé le fait. Donc nous sommes retournés sur place, cette fois à pied. À ce moment, la situation est précipitée. Une dizaine de personnes nous a entouré. Le climat est rapidement devenu très tendu. Il y avait un bruit inquiétant de gens. Le caméraman a été tiré par le bras et griffé, puis sa caméra et sa carte vidéo confisquées.

Voici le récit que le journaliste a rapporté lundi 24 août au cours du programme Agorà : « Nous étions dans le quartier Quadraro, pas vraiment dans la banlieue de Rome. Le matin on nous a dit dans l’église de San Giovanni Bosco que les Casamonica habitaient aussi dans ce quartier, dans une zone pas bien connue. Et donc notre curiosité était de savoir si cela était vrai. Dans la rue, Il n’y avait aucun panneau qui indiquait un chemin privé. Il s’agit d’un espace qui semble né en toute illégalité et nous ne savons pas si ensuite des mesures pour légaliser les constructions ont été prise. Certains bâtiments semblaient également très récents. Nous n’avons même pas eu le temps de nous expliquer. Nous avons été immédiatement couverts de malédictions. Puis une phase très confuse et agressive a eu lieu. Une part de celle-ci a été documentée grâce à une micro-caméra. Ils se sont sentis lésés dans leur vie privée, ils ont dit que nous avions même pris en image des femmes nues. Évidemment c’est une absurdité, ainsi que un mensonge ».

Voici quelques-unes des phrases enregistrées par la micro-caméra, puis transmises par Agorà : « dis-moi ton nom complet. Donne-moi la caméra. Montre-moi le téléphone ». « Efface tout, autrement je ne te redonne pas tes clés ». « Tu es un homme ? Non, tu n’es pas un homme. Tu as pris des images de mineurs. Tu sais pas ce qu’il va t’arriver. Tu en payeras les conséquences. Vous êtes journalistes, nous sommes des Rom. Donc, vous voulez être plus intelligents que nous ? ».

Les images sont ne sont pas nettes – on y voit des femmes, des hommes, l’un en maillot de bain, même un enfant, dans le fond quelques maisons. Une femme aborde le caméraman et dit : «Je prends tes lunettes, toi que fait tu ? ». Un autre dit : « Prenez le pistolet, tuez-nous tous, c’est mieux. Nous sommes en deuil et les médias se bagarrent profitant de notre douleur. Maintenant, c’est les politiciens qui vont s’en occuper. Quand une patrouille est arrivée, un homme a demandé au journaliste de l’Agorà : « Veux-tu porter plainte ? ». Réponse: «Vous m’avez attaqué ». « Qui est-ce-qui t’as attaqué ? ». « Vous venez de me dire que si je vous donnais pas la carte mémoire vous m’auriez tué », répond le journaliste. « Eh ! Comment pourrais-je te tuer avec les mains ? Jusqu’à présent, les Casamonica n’ont jamais tué personne ».

ASP COT

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