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Italie. Journalisme d’investigation objet d’attaques dans les tribunaux

L’attaque a Lirio Abbate qui avait enquêté sur « Mafia Capitale » et les deux graves attaques contre la confidentialité des sources de journalistes 

En Italie, le journalisme d’investigation fait l’objet d’attaques dans les tribunaux. En janvier 2016, Ossigeno per l’Informazione a attiré l’attention sur des dizaines de cas contre 49 journalistes et blogueurs.L’attaque la plus spectaculaire a été réalisée à Rome, lors de l’audience contre des accusés d’association criminelle de genre mafieux.

L’attaque a visé le journaliste Lirio Abbate, rédacteur de grand talent de l’hebdomadaire L’Espresso, qui avait enquêté sur « Mafia Capitale », la nouvelle organisation mafieuse qui a agi à Rome. Bruno Naso, l’avocat de l’un des principaux accusés, Massimo Carminati, a maintes fois offensé et insulté le journaliste, se moquant de lui et mutilant exprès son nom. Cela dans le but de le ridiculiser et de diminuer la crédibilité de ses articles qui avaient dévoilé l’existence de l’organisation criminelle même le pouvoir judiciaire. Ses articles avaient attiré l’attention du public.

Ossigeno per l’Informazione, l’Ordre national des journalistes et le syndicat des journalistes ont signé un document conjoint qui définit comme intimidant et donc « inacceptable » le comportement de maître Naso. Le document qui a eu une large couverture médiatique appelle au respect et à la protection de Lirio Abbate qui a subi des menaces de mort à plusieurs reprises depuis 2007 et il vit maintenant protégé par des agents de la police. Les trois organisations ont adressé un appel public aux autorités afin que les salles d’audience ne soient pas transformées en des endroits où l’on puisse instrumentalement attaquer les journalistes qui ne sont pas à blâmer, mais qui on le mérite d’avoir bien fait leur travail.

Confidentialité de sources

Il y a deux épisodes qui sont inquiétants pour ceux qui font du journalisme d’investigation. Il s’agit de deux graves attaques contre la confidentialité des sources des journalistes. Des mesures juridiques sans précédent ont été prises à l’égard de ce sujet. Celles-ci remettent en cause l’efficacité des lois qui affirment le droit des journalistes à ne pas révéler l’identité des sources. Le pouvoir judiciaire a contourné cette garantie fondamentale en demandant et en obtenant les informations dont il avait besoin directement à l’éditeur. C’est ainsi que ces violations ont suscité une vague de critiques contre les magistrats. Ossigeno partage ces critiques, mais il a aussi remarqué que le comportement des éditeurs n’a pas été correct. À ce sujet, le droit italien et l’ensemble de la jurisprudence européenne disent que l’éditeur, comme les journalistes, est tenu au respect de la confidentialité des sources. Voilà pourquoi ce qui est arrivé est très inquiétant. De plus, l’un des éditeurs qui a violé le secret professionnel est un sujet public c’est-à-dire RAI. L’autre éditeur impliqué dans la question est la chaîne nationale généraliste La7. Ces deux épisodes n’ont pas eu l’attention politique méritée dans les médias.

Le procureur de Rome a ordonné la saisie des originaux des vidéos de certaines entrevues où des agents de police disaient que les armes et les systèmes de protection anti-terrorisme fournis à la police italienne étaient gravement insuffisants. Dans les reportages diffusés à la télévision les visages des policiers avaient été floutés et leurs voix modifiées. Par contre, dans les vidéos saisies leurs visages étaient nets et leurs claires. Ces mesures concernaient le sujet de d’équipement défaillants des agents. Le journaliste Antonino Monteleone avait diffusé son reportage dans l’émission Piazza Pulita sur la chaîne La7, le journaliste Alessio Lasta avait diffusé son reportage dans l’émission Ballarò sur la chaîne publique RAI.

Il y a un autre cas qui concerne la confidentialité des sources : c’est celui du journaliste du quotidien Marco Lillo du Il Fatto Quotidiano. Le cas est tout de même différent par rapport aux précédents. (…)

MF ASP COT

Lire ici le rapport mensuel complet sur les intimidations publié par Ossigeno pour le Centre Européen sur la liberté de la Presse et des Médias de Leipzig (ECPMF), avec le soutien de l’Union Européenne

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